Conférences de la SHND : "Quelle eau boirons-nous demain ?" - 15 mai 2018, à 20h30 à l’UFR Sciences et Techniques

dimanche 13 mai 2018 par Jean-Yves

La SHND propose le mardi 15 mai à 20h30 une conférence de Jacques Mudry, Professeur honoraire en Hydrogéologie à l’Université de Bourgogne - Franche-Comté, sur un sujet de premier intérêt, la qualité de l’eau et tout spécialement des eaux de boisson.

Entrée libre

Résumé

De nombreux consommateurs se posent la question de l’innocuité de l’eau qui leur est fournie pour pas cher au robinet. Doivent-ils faire confiance à la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine (EDCH, autrefois appelée eau potable), ou alors doivent-ils se ruer sur les bouteilles qui occupent de vastes rayons dans les grandes surfaces : eau minérale ou eau de source qui revient à plusieurs centaines de fois le prix de l’eau du robinet ?

Cette présentation montrera les différences réglementaires et techniques qui existent entre ces trois types d’eau, pourquoi le maire de votre commune ne serait pas autorisé à délivrer au robinet certaines eaux minérales (Vittel, Contrex, Hépar, Vichy…), comment certains minéraliers ont été autorisés à pratiquer des traitements pour éliminer des substances toxiques en excès (arsenic à Volvic, fluor à St-Yorre).

Une présentation de l’eau destinée à la consommation humaine en Franche-Comté précisera d’où vient notre eau du robinet, et quels dangers pèsent sur sa qualité. Quelques exemples d’eaux embouteillées illustreront aussi leur vulnérabilité.

La soirée se terminera par une dégustation de quelques eaux plates et gazeuses naturelles, leur goût étant lié à la nature et à la concentration des sels minéraux qui les caractérise.

L’eau destinée à la consommation humaine est le produit alimentaire le plus contrôlé, même s’il vaut souvent mieux boire l’eau d’une grande métropole (captage bien protégé, eau correctement traitée, analysée chaque jour) que celle du « patelin » d’à côté (souvent mal protégée ou même impossible à protéger, peu ou non traitée, analysée une fois par an).
Cette eau du robinet doit respecter des normes de qualité, et le captage doit être protégé par différents périmètres emboîtés, dont les contraintes décroissent avec le temps de parcours de l’eau du bassin versant vers le captage.
En Franche-Comté, quatre types d’eaux alimentent la population : deux types d’eaux de surface (rivières Doubs et Loue, lacs du Haut-Jura) et deux types d’eaux souterraines (alluviales de l’Arlier, de la Saône, de l’Ognon, de la Savoureuse, du Breuchin, du Doubs, de l’Ain, de la Seille… ; karstiques des plateaux de Haute-Saône, du faisceau bisontin, du plateau de Lons-le-Saunier, du plateau de Champagnole, de la Haute-Chaîne).
Chaque ressource a ses aléas propres : les eaux de surface sont surtout impactées par les pollutions accidentelles, les nappes alluviales par les intrants agricoles en solution (nitrates et pesticides), le karst par les particules solides, en particulier les microorganismes (virus, bactéries, parasites).
Les eaux de source doivent respecter les normes de l’eau potable et ne pas subir de traitement. Quant aux eaux minérales, leur définition française repose sur leurs vertus thérapeutiques. Elles font donc l’objet d’un rapport (souvent élogieux !) de l’Académie de médecine. Leur débit, leur minéralisation et leur concentration en gaz doivent être constants au cours du temps. Elles ne doivent pas subir de traitement, sauf pour limiter les concentrations en éléments naturels toxiques (uranium, fluor, arsenic, sélénium, antimoine…) ou indésirables (fer, manganèse). La protection de leur captage ne peut pas se faire par déclaration d’utilité publique : les industriels doivent donc directement gérer les parcelles sensibles de leur aire d’alimentation, en les acquérant ou en conventionnant avec les agriculteurs.

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Exemple d’un cours d’eau turbide issu du karst : photo prise le 1er décembre 2004 !
Lors d’une crue, le ruisseau de la Brême (vallée de la Loue) est assez limpide (sur la droite de la photo), alors que le ruisseau provenant de l’Estavelle est fortement chargé en particules solides
Cliché Jacques Mudry

Le ruisseau de la Brême est limpide (sur la droite de la photo) alors que le ruisseau provenant de l’Estavelle (conduit karstique fonctionnant tantôt en perte, tantôt en source) en provenance du Puits de la Brême mélange à ces eaux limpides des eaux chargées de particules solides, argiles arrachées par la crue au bassin versant ou aux conduits noyés.

Ndlr : on trouvera par exemple sur l’internet de nombreuses infos, dont celle-ci qui donne l’état des eaux de boisson en Franche-Comté en 2016, sous la forme d’un montage diapositives que l’on peut lire sur son écran et qui est très instructif !


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